Synopsis
Et si les souvenirs pouvaient réveiller un monde que nous avons oublié ?
Dans un futur proche hyperconnecté, la réalité s’est fragmentée en flux numériques, les souvenirs se stockent sur des serveurs, et les relations humaines se digitalisent à grande échelle. La mémoire collective s’efface peu à peu, remplacée par des archives numériques aseptisées, vidées de leur chaleur et de leur souffle humain.
C’est dans ce contexte que Naomie, jeune journaliste issue d’un grand réseau d’information, se voit confier une mission singulière : écrire un article nostalgique sur "le monde d’avant". Ce projet, au départ anodin, l’entraîne à la rencontre d’un homme mystérieux que l’on appelle Le Gardien. Dernier témoin d’une époque sans filtres, sans écrans, il conserve précieusement de vieux carnets : des fragments de vie, des récits d’instants suspendus où l’on savait encore regarder la mer, danser des slows, écrire des lettres d’amour, attendre un bateau sur le quai sans se noyer dans le flux des notifications.
Au fil de ces lectures, Naomie découvre un monde où l’on vivait pleinement chaque moment, où les secrets restaient secrets, où la parole donnée avait valeur de contrat, où les engagements politiques se débataient sur les places publiques, face à face, dans la clameur des discussions passionnées. Chaque page tournée l’éloigne un peu plus de son univers aseptisé, jusqu’à ce qu’elle se surprenne à rêver d’une vie déconnectée, d’une liberté qui ne se mesure pas en algorithmes.
L’Écho d’Avant est un plaidoyer sensible pour un retour à l’essentiel, un voyage littéraire entre mémoire et anticipation. À travers les yeux de Naomie, le lecteur explore ce que nous avons peut-être perdu dans la course effrénée à l’optimisation technologique : le goût de l’attente, la profondeur des relations humaines, et la puissance d’une vie vécue sans interface numérique.
Ce roman est une ode à la lenteur, à la contemplation, et à cette humanité palpable qui résistait encore au défilement rapide des pixels.
(Prochainement aux Éditions L'Harmattan)
Aurore Holmes a lu L'écho d'avant.
L’écho d’avant, un roman écrit par Emmanuel de Reynal, nous invite à un voyage métaphysique dans le temps, où le lecteur se découvre propulsé vers un futur numérique, connecté à de multiples signaux et notifications, un monde où l’immédiateté des perceptions engendre des satisfactions illusoires du relationnel et de la performance. La fiction dérobe les habits de la réalité. Elle s’impose selon une ligne de temps qui s’accélère, efface notre humanité, laissant une large place au virtuel et à l’artificiel.
Cette ligne de temps s’inscrit différemment dans chacun des romans du même auteur. Jusqu’ici elle se décomptait en millions d’années ou en siècles depuis Ubuntu, en passant par Zamana pour nous emmener dans les Chemins de Gabriel, mais soudain, cette ligne se décline en termes de dizaines d’années seulement, et nous entraîne vers un futur déjà perceptible, à nos portes, se révélant en un point de bascule vertigineux sur le monde de la virtualité dans lequel l’humanisme se dissout peu à peu.
Les personnages aux caractères marqués sont campés sur des positions radicalement antinomiques et se situent aux extrémités d’une autre ligne, la ligne de vie ; d’un côté, là où tout se crée dans une continuité indécise et de l’autre, là où tout menace de se perdre avec la mort, la génération Z et le patriarche. Des personnages s’acceptant l’un, l’autre dans un espace de mutuelle incompréhension, alors que l’un a généré l’autre.
L’originalité de l’écrivain Emmanuel de Reynal s’affirme dans sa capacité à produire deux styles d’écriture donnant un rythme particulier au roman. Deux styles, tantôt poétiques, tantôt plus abrupts et journalistiques, se succèdent, se chevauchent, s’entrechoquent dans une temporalité où rien n’est encore immuable.
L’auteur dénonce, sans vouloir l’annihiler, l’emprise du virtuel dont l’idéal affiché, porté au cœur de ses algorithmes, est celui d’une perfection quasi intolérante aux plus légers écarts intellectuels ou émotionnels.
« L’innovation n’est pas une fin en soi. Elle devrait nous rapprocher, pas nous automatiser. Nous alléger, pas nous effacer. » - Emmanuel de Reynal.
Dans son roman, L’écho d’avant, ce sont le frémissement d’une vague, les rêves émergeant d’un livre, les sensations de peaux s’effleurant, les regards se croisant en silence qui s’affrontent à la froideur d’un monde irréel détruisant en profondeur chaque étincelle d’humanité.
Les anecdotes croustillantes, comme l’écrivain en sait conter, s’opposent à la rationalité des dispositifs connectés mesurant l’alignement du comportement, l’intensité des pensées, les flux énergétiques, les battements de cœur, le nombre de foulées
Cependant, Emmanuel de Reynal s’éloigne des théories anxiogènes sur le Tout numérique, mais nous signale ses limites et ses points de non-retour. L’immédiateté d’une immersion dans le virtuel tend à modifier nos relations avec les mots, l’environnement, les êtres et à faire disparaître nos besoins profonds d’authenticité, d’humanité et de liens puissants au monde physique.
Aurore Holmes
Ajouter un commentaire
Commentaires